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Ashwagandha

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Les précautions

Ashwagandha : est-ce dangereux ? Ce que dit l’ANSES, sans panique

En bref. L’ashwagandha n’est pas interdite en France. Dans les essais, elle est bien tolérée par la plupart des adultes. Mais des atteintes du foie et de la thyroïde ont été rapportées, et l’ANSES la déconseille depuis 2024 aux femmes enceintes ou allaitantes, aux mineurs, et aux personnes atteintes d’une maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, ou sous sédatifs.

Par Lily, la testeuse qui se cache derrière Mani · mis à jour le 1er octobre 2026

Tapez « ashwagandha » sur un moteur de recherche, et la suggestion qui suit est souvent « danger » ou « interdit ». D’un côté, des marques qui écrivent « aucun effet secondaire » ; de l’autre, des articles qui parlent de plante toxique. J’ai lu l’avis de l’ANSES, les rapports de cas publiés et les essais pour vous dire ce qui est établi, ce qui est probable et ce qui relève de la rumeur. Pour l’essentiel sur la plante, le point de départ est notre guide de l’ashwagandha.

Le document de référence

L’avis de l’ANSES de 2024 : ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas

En avril 2021, la DGCCRF a demandé à l’ANSES d’évaluer les risques de l’ashwagandha, après des signalements d’effets indésirables reçus par la nutrivigilance (le dispositif qui recueille les effets indésirables des compléments alimentaires). L’avis a été publié en avril 2024.

Ce que dit l’avisCe qu’il ne dit pas
La sécurité de l’ashwagandha « n’est pas suffisamment documentée » pour garantir un usage sans risque.Que la plante est toxique pour tout le monde.
Des effets sur le foie, la thyroïde et le système hormonal sont suspectés, et des questions restent ouvertes sur la génotoxicité.Que ces effets sont fréquents.
Elle est déconseillée à plusieurs publics (liste plus bas).Qu’il faut l’interdire.
Les étiquettes doivent mentionner ces précautions.Une dose maximale ou une durée maximale chiffrée.

Mon résumé : l’ANSES ne dit pas « danger », elle dit « on n’en sait pas assez pour certaines personnes, donc qu’elles s’abstiennent ». C’est une position de prudence, que je trouve raisonnable.

La question qui revient

L’ashwagandha est-elle interdite ?

  • En France : non. Elle figure sur la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires. L’avis de l’ANSES n’a pas changé ce statut.
  • Au Danemark : oui. L’agence alimentaire danoise l’a interdite dans les compléments en 2023, en invoquant des risques pour la thyroïde, le foie et la grossesse.
  • Ailleurs en Europe : elle reste en vente, avec des mises en garde variables selon les pays.

Le foie

Le foie : rare, mais documenté

Dans les essais cliniques contrôlés, aucune hausse des enzymes du foie n’a été observée. Mais depuis 2017, des cas d’atteinte hépatique attribués à l’ashwagandha ont été publiés, une vingtaine en tout dans la littérature médicale, dont un ayant nécessité une greffe.

Björnsson et al., 2020 · Islande et États-Unis

Une série de cinq cas d’hépatite liée à l’ashwagandha. Les symptômes (jaunisse, démangeaisons, fatigue) sont apparus de 2 à 12 semaines après le début de la prise, et ont régressé à l’arrêt chez tous les patients.

Ce qu’on ne sait pas

Pourquoi certaines personnes réagissent et pas d’autres, ni quelle dose ou quel extrait sont en cause. Les cas publiés concernent des produits variés, parfois non standardisés.

Les signes qui doivent faire arrêter immédiatement et consulter : fatigue inhabituelle, nausées, urines foncées, selles claires, peau ou yeux jaunes, démangeaisons.

La thyroïde

La thyroïde : un effet réel

Ce n’est pas une rumeur : l’ashwagandha fait monter les hormones thyroïdiennes. Un essai de 2018 l’a mesuré chez des personnes en hypothyroïdie légère, et des cas d’hyperthyroïdie (thyroïde qui s’emballe : palpitations, perte de poids, nervosité) ont été publiés chez des personnes qui en prenaient. Chez quelqu’un qui prend déjà un traitement pour la thyroïde, elle peut dérégler l’équilibre obtenu.

Le plus fréquent

Les effets secondaires les plus courants

Dans les essais, les effets signalés sont rares et légers, et souvent aussi fréquents sous placebo.

  • Troubles digestifs. Nausées, diarrhée, maux de ventre, surtout à jeun. Prenez-la au cours d’un repas.
  • Somnolence. Plutôt un atout le soir, gênant le matin pour certaines personnes.
  • Maux de tête. Signalés par quelques utilisateurs.
  • « Émoussement émotionnel ». Certains utilisateurs décrivent une sensation d’être moins touchés par les émotions. Ce n’est pas mesuré dans les essais, mais c’est une raison d’arrêter si vous le ressentez.

Les contre-indications

Qui doit éviter l’ashwagandha

La liste de l’ANSES, à laquelle j’ajoute deux cas de bon sens :

  • Femmes enceintes ou qui allaitent. L’usage traditionnel lui prête même un effet abortif à forte dose.
  • Moins de 18 ans.
  • Maladie de la thyroïde, traitée ou non.
  • Maladie du foie.
  • Maladie du cœur.
  • Hyperandrogénie, par exemple un syndrome des ovaires polykystiques.
  • Traitement sédatif : somnifères, anxiolytiques, certains antidépresseurs ou antiépileptiques.
  • Maladie auto-immune et cancer hormonodépendant (prostate notamment) : avis médical d’abord.

Les interactions

Interactions avec les médicaments

MédicamentRisque possible
Sédatifs, somnifères, anxiolytiquesSomnolence accrue
Hormones thyroïdiennes (lévothyroxine)Déséquilibre du traitement
AntidiabétiquesBaisse de glycémie cumulée
AntihypertenseursBaisse de tension cumulée
ImmunosuppresseursEffet contrarié

Ces interactions sont surtout théoriques, mais elles suffisent pour demander l’avis de votre pharmacien avant la première gélule.

Réduire le risque

Si vous en prenez : cinq règles simples

  • Un extrait de racine seule et titré, comme le KSM-66, plutôt qu’un produit flou ou à base de feuilles.
  • Pas plus de 600 mg d’extrait par jour, la dose des essais.
  • Des cures de 2 à 3 mois, avec une pause.
  • Pas de cumul avec d’autres produits qui en contiennent (certains cafés aux champignons en ont un peu).
  • Arrêt immédiat au moindre signe hépatique ou thyroïdien.

Les trois produits de notre comparatif des meilleurs ashwagandhas respectent les deux premières règles. Pour savoir ce que vous pouvez en attendre, voyez ce que montrent les essais.

Vos questions

Ce qu’on nous demande sur les dangers de l’ashwagandha

L’ashwagandha est-elle dangereuse pour le foie ?

Rarement. Une vingtaine de cas d’atteinte du foie ont été publiés dans le monde, souvent réversibles à l’arrêt. Les essais n’ont pas montré de problème hépatique. Évitez-la si vous avez une maladie du foie et arrêtez au moindre signe de jaunisse.

Peut-on prendre de l’ashwagandha avec un traitement pour la thyroïde ?

Non, pas sans l’accord de votre médecin. Elle agit sur les hormones thyroïdiennes et peut dérégler votre traitement. L’ANSES la déconseille en cas de maladie de la thyroïde.

Pourquoi l’ashwagandha a-t-elle été interdite au Danemark ?

L’agence alimentaire danoise a estimé que les risques pour la thyroïde, le foie et la grossesse n’étaient pas suffisamment écartés. La France a choisi une autre voie : la plante reste autorisée, avec des mises en garde.

L’ashwagandha peut-elle rendre dépressif ?

Aucun essai ne le montre ; plusieurs montrent au contraire une baisse de l’anxiété. Certains utilisateurs décrivent un émoussement émotionnel. Si vous le ressentez, arrêtez. Et sous antidépresseur, demandez l’avis de votre médecin avant d’en prendre.

Retrouvez l’ensemble du sujet dans la page ashwagandha.

Sources

  1. ANSES, avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de l’ashwagandha (Withania somnifera), saisine 2021-SA-0077, avril 2024.
  2. Björnsson H.K. et al., Liver International, 2020.
  3. Sharma A.K. et al., Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2018.
  4. Van der Hooft C.S. et al., « Thyrotoxicose na gebruik van ashwagandha », Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde, 2005.
  5. Fødevarestyrelsen (agence alimentaire danoise), interdiction de l’ashwagandha dans les compléments alimentaires, 2023.